Guild Wars 3 est le MMORPG que je n’aurai pas le temps d’aimer
Guild Wars 3 arrive sur PC et PS5, bêta à l’automne 2027, sans abonnement ni passe de combat. Vingt-cinq ans de MMORPG réveillés chez un papa sans temps libre.
Les MMORPG1 et moi, c’est une grande histoire d’amour. Bon, ces dernières années, ça tourne plutôt au je t’aime moi non plus, parce qu’une fille de quatre ans laisse peu de place aux soirées de guilde qui finissent à deux heures du matin. Je soigne ça par le déni. Je me répète que ce n’est que partie remise, tout en sachant que j’en ai sans doute pour des années. Et voilà qu’ArenaNet rallume tout en annonçant Guild Wars 3 au Summer Game Fest2. Le vétéran que je croyais rangé des affaires s’est surpris à échafauder des plans de bataille avant la fin de la bande-annonce.

Vingt-cinq ans de vies parallèles
Tout a commencé il y a environ vingt-cinq ans avec Ragnarok Online, ses petits personnages adorables et ses nuits trop courtes. Puis World of Warcraft est sorti en France et m’a englouti dès le premier jour, au point que mes études ont passé quelque temps sur le banc des remplaçants3. J’ai joué à très haut niveau dans une guilde compétitive, qui a couru un temps dans la course européenne au progrès, en gros de Vanilla à Burning Crusade. À l’époque, « raid à vingt heures » était la phrase qui organisait tout mon agenda.
Ma guilde et moi avons ensuite vieilli ensemble, à tester tout ce qui sortait. On a écumé Star Wars The Old Republic, dont les histoires de classe restent pour moi parmi les mieux écrites du genre. Puis AION et ses ailes, puis ArcheAge. Celui-là, je l’ai adoré pour son commerce de ressources qu’on transporte soi-même, ses maisons de joueurs et sa piraterie, puisque tout convoi appelle naturellement son pillard. Et on a fini par poser nos sacs dans Guild Wars 2. Drôle de choix, vu que j’avais détesté le premier Guild Wars et ses zones instanciées4, moi qui ne jure que par les mondes ouverts où l’on croise de vrais inconnus.
Le Monde contre Monde, ma madeleine fortifiée
C’est là que j’ai découvert le Monde contre Monde. Trois serveurs s’y affrontent pendant une semaine pour prendre et tenir des forteresses à grands coups d’armes de siège5. Comme les serveurs européens étaient en gros nationaux, on défendait l’honneur de son serveur et celui de son pays, et ça avait un parfum de coupe du monde permanente. La France tenait très bien son rang. Je me souviens encore de nos batailles contre les serveurs espagnols et russes, des adversaires féroces qu’on retrouvait semaine après semaine comme de vieux rivaux de quartier.
Construire un trébuchet à quatre heures du matin pour reprendre un fort en sous-effectif ne sert strictement à rien dans une vie. C’est sans doute pour ça que je n’en garde que de bons souvenirs.
Ce qu’on sait de Guild Wars 3
ArenaNet reste avare en détails, mais le menu met en appétit. Guild Wars 3 se passe à Orr, environ mille ans avant le premier épisode6. Une Orr verdoyante et bien vivante, alors que les anciens de Guild Wars 2 l’ont surtout connue engloutie et pleine de morts-vivants. On y jouera un Gardevael, gardien des lieux, dans un MMORPG d’action qui promet de l’élan, de la glisse, de la chevauchée et de la course sur les murs, en solo comme en coopération2. Le jeu sortira sur PC et, première pour la série, sur PlayStation 5, avec une bêta annoncée pour l’automne 2027.
Surtout, le studio a confirmé qu’il n’y aurait ni abonnement ni passe de combat7. Son patron, Colin Johanson, promet de garder le modèle de la série, un jeu acheté une fois, puis des extensions et une boutique de cosmétiques pour financer la suite8. Il dit vouloir éviter les mécaniques qui piègent le joueur, et franchement, ça tombe bien, parce que ça me correspond enfin. Avec mon temps de jeu en peau de chagrin, un abonnement, c’est payer le loyer d’un appartement où l’on ne dort jamais. Un skin que personne ne regardera, en revanche, je le paie volontiers, pour soutenir les développeurs et me faire plaisir, dans cet ordre les bons jours.
Rendez-vous à l’automne 2027 pour la bêta, donc, où je compte bien commencer une aventure que je n’aurai jamais le temps de continuer. Mais rêvons un peu. Ma fille aura six ans à ce moment-là, et il paraît qu’on recrute tôt dans les bonnes guildes.
Notes
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Les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs, où des milliers de joueurs partagent le même monde en même temps. Le sigle est imprononçable, ce qui n’a jamais empêché personne d’y passer ses nuits. ↩
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L’annonce et les premières informations viennent du site officiel et du communiqué de presse (en anglais) publié pour le Summer Game Fest 2026. ↩ ↩2
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Si je pouvais remonter le temps, je dirais bien à mon moi de l’époque d’être un peu plus raisonnable. Il ne m’écouterait pas, il a un raid à vingt heures. ↩
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Le premier Guild Wars (2005) instanciait toutes les zones d’exploration, pas seulement les donjons. Chaque groupe avait sa propre copie de la carte, et l’on n’y croisait jamais personne en dehors des villes. Ses défenseurs y voyaient un confort, j’y voyais un monde fantôme. ↩
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Le Monde contre Monde sur le wiki officiel de Guild Wars 2. Le serveur français Vizunah Square s’y est taillé une réputation européenne dès les premiers mois du jeu. ↩
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PC Gamer, « ArenaNet announces Guild Wars 3 » et MMORPG.com, « Guild Wars 3 officially announced, set 1,000 years before original GW » (en anglais), juin 2026. ↩
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Le passe de combat, c’est la liste de récompenses qu’on débloque en jouant pendant une saison, à condition d’avoir payé le passe et de jouer assez souvent. En gros, des devoirs à la maison qu’on paie pour avoir le droit de faire. ↩
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Massively Overpowered, « Guild Wars 3 won’t feature a subscription or battle passes, Colin Johanson reassures fans » (en anglais), 8 juin 2026. ↩